Lac de Guéry
La légende du Lac de Guéry
Entre les deux ventaux des roches Tuilière et Sanadoire (prochain article), au pied du Sancy.
C'est là qu'autrefois vécut une muse, enfant de la Nature, insouciante et légère. Se berçant d'illusions et aimant contempler la course des nuages aux formes changeantes, elle se heurta durement aux lois de l'existence.
Attirés par sa voix, de faux chevaliers vinrent de toutes parts. Elle en suivit certains et durant des années se perdit au lointain. Puis un jour, lasse, elle revint, un enfant à la main. Elle prit alors conseil auprès d'une femme sans âge, laquelle pris soin d'elle. Elle retrouva des forces jusque dans ses faiblesses. Durant son long apprentissage, de temps à autre, ensemble au secret des montagnes, elles consultaient l'oracle, non pour prédirel'avenir mais pour trouver des clés de lecture du présent. Nourrie au lait de la poésie, la muse comprenait ce langage sibyllin, recevait chaque énigme comme la récompense d'un travail accompli avec grande patience. Retrouvant la confiance, sa voix devint un chant et ses larmes des rivières. Se mêlant au ruiseau des Mortes qui s'accumulent derrière les coulées de lave des volcants du Puy du Loup et de la Clef, elles formèrent, au creux d'une vasque ovale, un lac entouré çà et là par la flamme bleue des cèdres.
On lui donna pour nom Guéry car on comprit que ses eaux multiples, dont les énergies sont emplifiées par les différents courants et les prières, transforment les chagrins et les rendent fertiles.
Venue admirer ce lac où fut dit-on, une muse guérie.
Je découvris rayonnante de lumière une muse grandie et devenue déesse parmis les nuages. Les nuages qu'elle aimait tant contempler.